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Et me voici parti pour une 4ème année à pratiquer un sport qui fait sourire – et tant mieux ! Retour sur le bike polo, ma rencontre avec le club local de Salt Lake, mon intégration dans l’équipe des Beehive Boys – jusqu’à ce se faire tatouer la cuisse – et ce que cette communauté m’apporte au quotidien.

 

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– « Du bike quoi ? »

– «  Bike polo – comme le polo mais à vélo ! »

Encore un anglicisme que seul les suisses arrivent à contourner. A Genève, où j’ai passé de nombreuses soirées d’hiver à essayer de conduire la balle, la passer puis shooter, le club s’appelle GVP pour « Genève Vélo Polo ». Ne disposant pas de terrain couverts ni éclairés à Annecy, certains d’entre nous conduisaient 35 minutes pour aller s’entrainer à la Praille, l’un des temples du bike polo européen où beaucoup de grands joueurs ont débuté.

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– Annecy Bike Polo –

11899879_10152949128035672_2053505118656547427_n– La Praille / Genève Velo Polo – 

Puis tout va très vite dans ce sport comptabilisant moins de 300 joueurs français. Championnats de France 2013 à Montpellier, Championnats d’Europe en 2014 en Italie et enfin Championnats de France 2015 à Perpignan. Des progrès notables semaines après semaines et surtout des weekends inoubliables où je me fais une place dans la famille du polo français. Tous des potes en dehors du terrain mais durant les matchs les tensions naturelles prennent place et la soif de gagner s’installe…

10524730_10152599138051204_1996577352489073491_n– Les Francais mettent le feu à Padova (2014) lors des Euros –

En Octobre 2014, c’est l’heure de partir visiter Salt Lake City et voir si une vie d’expatriés outre-Atlantique pourrait nous plaire. Premier réflexe – taper « Salt Lake Bike Polo » sur Facebook et voir si un groupe de « poloteurs » mormons pourrait exister ! Bingo – je joue un soir avec eux, rentre en France, préviens Sarah que le ciel est bleu et les montagnes sont belles puis le 1er novembre me voilà habitant de SLC ! 2 jours plus tard – je deviens alors membre du Beehive Bike Polo Club et joue tous les mardis et dimanches dans ce fameux « Parking Garage ».

1382982_10154077197656204_9084064363040886158_n– Le fameux « parking garage » –

Le premier contact avec cette bande de joyeux lurons est plutôt bon. Gabe, Jimmy, Justin, Tate, Aleia, Danny, Chuck… La diversité du club est la première chose qui me marque. Une fourchette d’âges allant de 20 à 45 ans, des hommes comme des femmes, des mormons, des athées, des tatoués, des étudiants sérieux, des hard-workers, des profiteurs de la vie, des hispaniques, des asiats’, des new-yorkais, des skieurs, des VTTistes, des couples, des homos, des gros et j’en passe !

11412198_10100226581136534_8697359712025285370_n– Beehive Bike Polo au festival ‘Bike Prom’ 2015 –

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– Les beaux jours à Liberty Park –

12141036_836817439769633_2291899015530323295_o– Les girls de Beehive Bike Polo –

Puis, c’est le côté « old-school » du club qui me frappe et me perturbe un peu. Des maillets encore construit avec des bâtons de ski et des tubes de chantier, un terrain cabossé et sombre, des vélos bricolés, des règles peu respectées… Je m’adapte. Je tente aussi d’apporter mon expérience de polo européen. Je râle. Je persiste. Je m’adapte. Ca évolue. C’est ce qui me fait revenir semaines après semaines.

Il n’est pas facile de communiquer comme je le souhaiterai car j’arrive avec des lacunes en anglais. Puis le « slang » et les accents venant des 4 coins du continent viennent me chatouiller les oreilles. J’écoute. Je regarde. Je place quelques mots.

Un mardi de novembre, peut être mon deuxième ou troisième entrainement, Gabe et Jimmy me proposent des cookies. Je ne comprends pas leurs ricanements ni leur « slang ». Je mange un cookie. Je joue au polo toujours sur ce vélo de m*** car le mien est encore en transit… Puis, je ne sais plus de quel côté je dois marquer ! Je me rends compte que je viens d’ingurgiter un « space cookie », un « edible ». J’ai peur. Je joue au polo. J’arrête de jouer au polo. Je range mes affaires. Je conduis. Je vois des montagnes russes de partout. Je croise la police au feu rouge. J’arrive à la maison. Je tombe. Bonne nuit !

Mis à part cette expérience quelque peu effrayante, je suis revenu. Les semaines ont passé et des liens ont commencé à se tisser. Tous les mardi soirs, les gens apportent leur chaise de camping, leur glacière, leurs bières, leur « snack », leurs enfants, leurs potes et certain leur pétard ! Cependant, s’intégrer dans ce groupe 100% américain n’est pas toujours aussi facile que cela puisse paraitre et la différence culturelle demeure. Non pas pour les bières ou les « snacks » mais pour quelques choses que je recherche toujours. Ce petit quelque choses qui en France me permettrait d’être moi-même, de dire tout ce que je pensais en bien comme en mal, de m’énerver, de partager de manière plus profonde – ce que je n’ose pas et n’arrive pas toujours à faire aujourd’hui. Mais mon intégration dans l’équipe des Beehive Boys a été une étape importante.

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– Démo dans Salt Lake City –

12049286_10154297475878761_4601597259931951266_n Démo de « knife fight » lors d’un festival de vélo-

Au printemps 2015, la saison des tournois a débuté et en tant que compétiteur j’ai commencé à réfléchir à former une équipe. Je regardais d’un coin de l’œil The Beehive Boys rêvant parfois de pouvoir y avoir ma place. Ils partent alors en Californie jouer leur deuxième tournoi tous les 3. Je les envie. Puis vient la chance, l’opportunité, cette petite chose qui fait basculer votre avenir. Alors que j’ai déjà formé une équipe, The Beehive Boys m’annoncent que Tate ne peut se rendre aux championnats régionaux. Jimmy et Gabe me demandent alors si je veux bien le remplacer. Gloups ! Je suis content, très content mais je suis perdu. Je viens d’enregistrer ma première équipe pour le tournoi et je ne sais pas comment faire demi-tour. Ce qui est sur c’est que mon envie de jouer avec eux est grande. C’est une sorte de problème RH qui se dresse devant moi. Un mix entre du « management de crise » et complications multiculturelles. Le temps presse. Sarah m’aiguille et me conseille puis je prends le taureau par les cornes et annonce la nouvelle à Branden et Aleia. L’un s’en fichera, l’autre m’en voudra pendant plusieurs semaines. Problème RH résolu et je vais alors jouer avec et les « Bees » sous le nom de Les Beehive Boys.

11850676_10153680403616204_1534817517156533067_o– Les Beehive Boys –

Nous terminons 4eme lors de notre premier tournoi et nous qualifions alors pour les championnats nord-américains. La question ne se pose pas : nous nous sommes qualifiés ensemble, nous partons ensemble dans le Kentucky ! Nous commençons alors à s’organiser en tant que « team ». Jimmy est notre designer, Gabe notre responsable du sponsoring et je m’occupe de la com’. Vous n’y avez pas échappés, il a fallu lancer des campagnes de « crowdfunding » car ici tout est loin, alors il faut prendre l’avion. Et surtout lorsqu’après avoir fini 13eme au niveau nationale, nous empochons notre pass pour les championnats du monde en Nouvelle-Zélande !

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– Les Beehive Boys aux NAs-

En quelques mois tout est allé très vite. Je me retrouve du statut du nouvel arrivant (moi, petit français timide) à jouer les « Worlds » à l’autre bout du monde.  Non, pas de talent caché (malheureusement) ni de biftons sous la table mais tout simplement un sport et une communauté unique qui te permettent de rêver, de voyager, de découvrir et de partager des moments inoubliables avec des gens de tout horizon. A condition de s’en donner les moyens !

Nous sommes rentrés de Timaru plus forts, plus sereins et plus proches. Réaliser ce trip de 3 jours à vélo avant la compétition a contribué à cette réussite. Les nombreuses défaites encaissées nous ont fait grandir. Regarder les meilleurs nous a inspiré.

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– Gabe en Nouvelle-Zelande –

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– David en Nouvelle-Zélande –

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– Jimmy en Nouvelle-Zélande –

Voici les deux vidéos réalisées par Gabe:

Il a fallu rentrer en hiver de 11 jours inoubliables passés en été. Il fallut retourner dans ce « parking garage ». Il a fallu jouer sous 0 degré. Il a fallu se mélanger à nouveau avec des débutants. Mais non – il n’a pas « fallu ». Tout cela a été que du plaisir – entre partager notre expérience, motiver les troupes et jouer tout simplement au polo avec des potes !

Aujourd‘hui nous essayons tous ensemble de faire grandir notre club. Petit pour certain mais déjà considérable pour le monde du bike polo. Nous comptons presque 25 joueurs. 15 sont réguliers. Notre mission : obtenir un terrain dédié à notre pratique. Notre vision : construire de solides bases et former de futurs grands joueurs.

Également, nous avons récemment obtenu une bonne couverture médiatique pour le bien de notre club! 

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– Option de terrain malheureusement plus disponible

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– Autre option de terrain situé à 25 min en voiture –

A l’échelle des Beehive Boys, nous sommes partis sur de bonnes bases cette année avec une victoire à domicile lors de notre premier tournoi à SLC, le Wasatch Open et une 3eme place à Fresno en Californie. Nous partons début juillet à San Francisco pour les championnats régionaux. Finir dans le TOP 5 sera l’objectif afin de pouvoir participer de nouveau aux championnats nord-américains à l’automne. Pas de championnat du monde cette année, il faudra essayer de se qualifier en 2017 pour espérer y participer.

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13002537_10154223796168159_1737620307596622660_o– Victoire à domicile lors du Wasatch Open I –

Le Bike Polo est probablement le seul sport qui vous permet à la fois de voyager dans la plus part des grandes villes du monde, d’être héberger par la communauté, de faire des rencontres inédites et de jouer contre des joueurs expérimentés comme débutants pour le fun ou de manière compétitive.

A l’heure d’aujourd’hui, j’ai pu jouer à Annecy, Genève, Lyon, Paris, Montpelier, Perpignan, Strasbourg, Padoue, Turin, Bruxelles, Barcelona, Salt Lake City, Chicago, Milwaukee, Lexington, Folsom, Fresno, Portland, Christchurch (NZ) et Timaru (NZ). Et bientôt San Francisco et Vancouver ! Autant de rencontres et « pick-ups » disputés qui m’ont permi d’améliorer mon niveau de jeu et de me faire de precieux contacts.

Intégrer un club de bike polo outre-Atlantique a été un moyen pour Sarah et moi de rencontrer des américains. Le sport est certainement le meilleur moyen de s’intégrer aux Etats-Unis.  Sans compter sur l’ouverture d’esprit et la solidarité de cette grande famille, Beehive Bike Polo fait désormais parti d’un chapitre important de notre expatriation.

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