Alors que la France commence à apprécier les beaux jours avec le déconfinement, voilà que l’Australie bascule dans l’hiver. La fin d’une saison automnale marquée par quelques évènements « extraordinaires ». Voilà que le COVID-19 frappe le monde entier, Zoe née le 18 avril 2020 à 9h17 et vient nous apporter une immense bouffée de bonheur quand nous nous sentons parfois un peu isolés « down-under ».

COVID-19 version australienne

Marie, la soeur de Sarah, débarque à Melbourne fin février. La situation sanitaire se dégrade lentement, notamment en Europe où l’Italie, l’Espagne et la France enregistrent de plus en plus de cas quotidiens. L’Australie regarde d’abord, puis se ferme vite notamment face à la Chine où l’épidémie explose.

Marie ne sera pas vraiment impactée et ses vacances se dérouleront comme prévu (enfin presque, si on épargne sa virée pluvieuse en voilier dans les Whitsunday Islands). Mais la prochaine visite devient incertaine. Sophie et François, les parents de Sarah sont attendus à l’horizon de la naissance de Zoe, première quinzaine d’avril !

C’est officiel, fin mars l’Australie s’isole du monde et devient inaccessible pour plusieurs mois.

Nous ne recevrons pas Sophie et François qui se voient rembourser leurs billets. Une déception bien évidemment mais on se sent tout de même prêt à accueillir Zoe dans ce contexte un peu particulier.

C’est le début de notre confinement dit « partiel ».

A l’heure où nous vous écrivons, les chiffres du COVID-19 sont incomparables à la France. 104 morts, 7800 cas. A croire que le virus ne circule que très peu sur notre île. Une crise sanitaire qui semble avoir été bien gérée par le gouvernement australien surement aidé par la situation géographique (isolé du reste du monde) et démographique (faible densité) mais aussi par des aspects culturelles (par exemple, on vit plus dans des maisons individuelles que dans des immeubles). Bref, les analyses vont bon train mais le résultat est là !

Ces derniers jours, des nouveaux pics de cas se font recenser et le gouvernement est sur le qui-vive. Les mesures qui devaient se relâcher sont maintenues. Les café/bars/restaurant ont bien re-ouverts mais avec un nombre bien limité de personnes par m2, le télétravail est encouragé s’il est possible, on peut avoir 5 invités chez soi, les voyages sont encore bien restreints entre états et vers/de l’extérieur…

Nous avons comme le sentiment que les pays les plus touchés se déconfinent plus rapidement que l’Australie ; et encore une fois les commentaires se font entendre. Alors on patiente, écoute et parfois commentons !

Heureusement, Zoe est arrivée.

Zoe – 18/04/2020

Alors que le Covid 19 s’est installé dans notre quotidien, nous avons bien compris que nous aurions un dit ‘bébé covid’. Loin d’aimer ce terme, la réalité est bien là. En quelques semaines l’hôpital s’est transformé. Il faut désormais montrer patte blanche pour venir faire mon suivi médical, qui passera ensuite en consultation téléphonique pour éviter tout risque. Les conjoints/partenaires sont priés de rester chez eux en attendant. Nous naviguons à vue, les rumeurs vont bons trains, accouchement solo, accouchement en Facetime ?

Bref, nous essayons de rester calmes et de ne pas tomber dans la psychose liée à toute cette atmosphère. Nous partons quand même à la recherche de couches en urgence, quand à quelques semaines du terme nous nous apercevons que les rayons sont dévalisés. En attendant nous essayons de profiter de ces derniers moments à deux bien que la vie extérieure se soit un peu mis sur “pause”. Tant pis, nous attendrons pour retourner au restaurant ou au cinéma… bien qu’il sera venu le temps d’appeler le/la baby-sitter !

Je deviens une vraie adepte des “walks” pour ces dernières semaines de grossesse. Je commence à connaitre tous les recoins du quartier, je profite également des bords de la baie bien que les plages soient fermées et je rattrape mon retard en podcasts. David travaille de la maison, ce qui permet d’appréhender cette période plus sereinement.

Le terme approche mais pas grand-chose ne se passe (au grand désespoir de ceux qui s’impatientent de l’autre côté du globe).

C’est un mercredi soir après avoir mangé un curry un peu épicé – 16 avril, jour du terme – que les premières contractions ont commencé.

C’est après un long marathon que, deux jours plus tard, le 18 avril 2020 à 9h17 du matin, Zoe pointe son nez au Royal Women’s Hospital de Melbourne. Un accouchement à l’australienne dont on se souviendra. Et c’est 24 heures après que nous voilà déjà chez nous, mais cette fois ci à 3 !

Nous profitons de ce moment où la vie extérieure est toujours sur pause pour découvrir notre bébé et trouver nos marques. Covid oblige, nous ne pouvons toujours pas avoir du monde chez nous, mais nous enfreindrons un tout petit peu les règles, quand les copains viennent nous déposer des surprises et puissent entre-apercevoir notre Zoe.

La distance avec la famille et la situation mondiale un peu exceptionnelle se fait sentir… Mais Zoe est la ! Nous aimerions que la famille puisse la toucher et la cajoler, heureusement Facetime, Whatsapp existent et nous restons patients.

A l’heure qu’il est, Zoe a deux mois et a déjà vu pas mal de notre petit bout de vie australien. Nous ne savons pas quand nous allons pouvoir rentrer en France pour les vacances mais nous sommes bien décidés à lui faire découvrir et profiter de l’Australie en attendant.

Home New Home

Et puis il a fallu déménager au milieu de tout ça ! Sarah n’ayant pas le droit à un congé maternité a dû quitter son poste (lovely), ce qui nous à pousser à chercher un loyer un peu moins cher. Un peu moins cher mais tout aussi plaisant puisque nous sommes super contents de notre nouvelle maison située à 10 min à pieds de la plage dans le quartier de Brighton. Un quartier un peu moins vivant certes, mais nous voici au calme et un peu plus au vert : parfait pour les débuts de Zoe !

See You When ?

Alors que nous pensions faire un tour en France à la fin de votre été, les choses se compliquent et les chances de nous voir débarquer sont minimes désormais. En effet, l’Australie n’autorise pas les résidents temporaires (détenteurs de visas) à re-rentrer sur le sol s’ils décident d’en sortir. Là aussi les rumeurs fusent. On parle de 2021 pour un retour à la normal… Une situation un peu difficile puisque nous étions excités à l’idée de présenter Zoe aux amis et à la famille. Alors nous patientons et croisons les doigts pour que Mister Scott Morrison nous entendent !

Bref, vous nous manquez toutes et tous mais espérons vous revoir ou vous parler très bientôt !