« Merci pour celles, bien sucrées, conformes à votre définition originale, qu’on s’est enquillées 100 fois, laissant s’envoler par le toit ouvrant de la Subaru, les contraintes du diabète et autres résolutions culinaires.

Merci aussi pour celles, plus discrètes et plus durables, qui s’impriment au creux du cœur, bien au chaud dans la mémoire des souvenirs qu’on voudrait toujours garder.

Les plages escarpées et les vagues lunatiques de la Great Ocean Road, qui défilent au rythme d’Aloïse Sauvage, parce qu’A l’horizontal c’est pas local mais ça fait chanter et parce que Tones & I c’est naze, mais pour le coup c’est local, donc on a le droit de laisser.

Les dizaines de « lookouts » et leurs passerelles au bois dépoli, où l’Australie chargée d’embruns, dévoile toute sa majesté. Parfaitement insensible au fait qu’on gâche le paysage avec nos séries de selfies débiles tandis que ce gros malin de soleil ne cesse de nous jouer des tours.


Les shoots d’almond et d’oat milk et les razzias de céréales maison, qui m’obligent désormais à délaisser mes vulgaires bols de Corn Flakes / lait UHT pour des p’tits dej’ un peu plus élaborés.

Les cabanes; pantones, pastels, géométriques ou décorées, qu’on aura vu sans touristes, miracle inattendu d’une période chaotique. Et puis celles bien cachées, découvertes à l’abris d’une plage de millionnaires qu’on aura fini par trouver et par s’approprier… oubliant l’heure qu’il était. Parce qu’on est des filles des Hamptons, et puis voilà !


Les babeucs partagés dans le bazar et l’intimité du patio, entre combis qui sèchent et basilic qui dessèche, tentant joyeusement de se persuader que ce bruit chelou au fond de la cour n’est pas un vieux possum campé là, mais simplement la brise de fin de journée qui  vient caresser l’auvent.

Les pauses « wildlife » où il faut arrêter la voiture illico, au beau milieu de la nationale, parce que c’est pas tous les jours qu’on assiste à une réunion de wallabies, sur les hauteurs chatoyantes de Philippe Island au crépuscule. Les vomitos de ce foutu ‘Tasmanian Devil » dans son creepy sanctuary,  le zoo le plus étrange que la terre ai jamais porté ; ) Les pingouins qu’on aura jamais vus parce qu’on n’est pas des touristes ! »

Les sessions surf, ponctuées de progrès remarquables sur l’enfilage de « combi 4.3 » avec grâce et rapidité, à défaut de révéler une quelconque prédisposition sur la board. Je dois me résoudre à l’évidence, j’ai aucun talent pour le surf donc je pense plutôt percer dans le monde du paddle, ok ?

Les soirées DVD. Celles foirées où il faut se balancer les coussins du Airbnb à la tronche, dans l’espoir de maintenir le silence devant la médiocrité absolue du navet retenu. Et puis celles où il faut se serrer sur ce vieux canap’ américain, en faisant semblant d’être bien installés pour matter un bon dessin animé.

Les plans zinzins… où pour la « bikini kinda life » faudra repasser. Tu pars en mode sirène sur ton cata, et tu rentres en mode pirate, trempée depuis 3 jours et full cracra ! « En mars c’est normal ». A ben sorry mais ce n’était pas précisé sur le site web à la résa, cap’tain.

Les plans encore plus zinzins… où l’on fête les anniversaires du mois suivant dans une piaule 5 étoiles qu’on n’a pas vraiment payée, avec vue à 180° sur la baie de Melbourne et baignoire de magazine, parce qu’un petit coup de négo ça n’a jamais tué personne et parfois ça marche beaucoup trop bien !

Les mots croisés, qui sont apparemment fléchés, où l’on parvient à compléter des moitiés de grilles entières avec des mots absolument faux mais qui fonctionnaient bien ensemble. Le plus important c’est pas d’être smart, c’est d’être créatifs ; )

Les lumières. Celles qu’on n’a pas trop le droit d’allumer au salon, parce que c’est bon pour les yeux mais mauvais pour la planète. Celles, immuables, qui filtrent à travers les stores de la chambre d’amis dès l’aurore et qui donnent envie de se lever pour profiter de la journée. Et puis celle de l’Australie, qui prête au sable ses rayons dorés et aux « cliffs » sa robe rouge de terre aborigène. Celles qui font des coups de soleil même quand il n’est pas là, avec ses histoires savantes de trou dans la couche d’ozone.

Et puis la plus grande des p’tites choses : ce bid’. Rond, ravissant, un poil intimidant. Aussitôt rencontré, aussitôt adoré.

Bref, merci pour les « P’tite choses ».

❤

Les « P’tites choses » c’est la vie… »