Cela fait déjà 2 mois et 15 jours – c’est à dire 11 semaines ou encore 75 jours – que j’ai posé mes valises à Salt Lake City.

Alors que David est parti faire son petit marathon Franco-Finlandais je profite un peu de ce temps pour faire un premier bilan sur ma situation de « femme d’expat » !

Femme d’expat’ : what the heck!

Devenir « femme d’expatrié » n’était pas vraiment le statut auquel j’aspirais et surtout auquel je m’attendais. Mais mot pour mot ce statut allait pourtant bien être le mien. Quitter mon travail, m’éloigner de ma famille et de mes amis pour partir à l’autre bout du monde se traduisit par un sentiment de liberté et d’excitation mais également par un léger stress…

Avant mon départ j’ai pu entendre un tas de drôles d’idées qui m’effrayaient plus que ne m’attiraient : « Et du coup Sarah tu vas faire quoi aux États-Unis  ? Tu vas te mettre à faire des cupcakes et des cookies ? », ou encore « Vous allez faire un enfant ça t’occupera et c’est la suite logique après votre mariage, n’est-ce pas?»… Bien que cela soit un cliché, ce n’est pas la vie à laquelle j’aspirais et cela ne faisait que renforcer cette angoisse de devenir une « Desperate Housewife »…

Mais ce soupçon de stress a vite disparu dès mon arrivée. J’ai vite compris que les possibilités aux Etats-Unis étaient infinies et que je n’allais vraiment pas m’ennuyer en tant que femme d’expat’. Bien au contraire, j’allais plutôt découvrir un tas de nouveaux horizons que je n’aurais imaginés il y a quelques mois…

Une nouvelle vie de femme d’expat’

Après avoir pris le temps de découvrir notre nouvelle ville, de passer les quelques obligations administratives et les fêtes de Noêl terminées, j’ai commencé à « réseauter » et à découvrir différentes communautés.

Première étape : je me suis inscrite dans une école d’anglais pour approfondir et surtout retrouver un top niveau !

J’ai alors passé tous les matins du mois de Janvier en cours d’anglais dans une des écoles spécialisées de la ville. J’ai pu faire la connaissance de nombreux étudiants et nottement la communauté Saoudienne – l’école étant en partenariat avec l’Arabie Saoudite. J’ai vite compris que les jeunes étudiants saoudiens vivaient un « Erasmus de luxe »  grâce aux aux bourses de 3000 dollars que chacun recevait du gouvernement Saoudien. Préférant nettement passer leurs week-ends à Las Vegas et profiter de leur vie de « pachas » que de venir en cours, je me suis rendue compte que ce choix d’école ne serait peut être pas le plus éfficace…

Deuxième étape : je me suis inscrite sur différents réseaux des communautés Françaises à Salt Lake City. Nous avons rencontré Priscilla, la présidente de Utah Accueil – organisme français accueillant les français à l’étranger – qui nous fit rencontrer le petit monde des expatriés aux histoires toutes aussi alléchantes qu’extravagantes. Et c’est comme ça que je suis devenue la nouvelle « nanny » officielle d’Adrien 6 ans, fils de Priscilla et de Tom pour toutes les après-midi des semaines qui suivirent.

Entre les cours d’anglais où j’appris  plus sur la culture saoudienne que sur la grammaire anglaise et Adrien qui me fit devenir une experte en legos mania, j’en oubliais presque que j’attendais un certains permis de travail…

IMG_5693Adrien – expert en construction de légos.

IMG_5338 Adrien et ses bonbons américains.

Puis le verdict est tombé : je dois attendre jusqu’ à fin avril pour mon permis de travail.

Cela me laissait du temps devant moi pour continuer à perfectionner mon anglais et découvrir encore de nouveaux horizons.

Troisième étape : après avoir bien appris sur la culture Saoudienne, j’ai changé d’école début Février pour une école publique, gratuite, destinée aux adultes expatriés ou réfugiés qui m’avait été recommandée. Ici l’éducation gratuite ça n’a pas de prix !

J’ai découvert des gens venant du monde entier qui étaient tous la pour la même raison que moi, s’améliorer en anglais afin d’avoir une vie sociable comblée et obtenir un travail. C’était alors reparti avec cours intensif d’anglais de 4h à 6h par jours et une mixité culturelle qui vous fait apprendre autant sur vous que sur les autres.

FullSizeRender Classe d’anglais

FullSizeRender[1]Tomomi – Japonaise – copine de classe.

Femme d’expat’ : un privilège

Après un mois passé en Utah, ce qui me marqua le plus était la manière dont tous les gens racontaient leurs vies. De façon unanime chacun concluait par « de toute façon ici tout est possible ». Un véritable American Dream ?

Alors à mon tour, je me suis mis à rêver de monter un business, de changer de métier, de vivre de ma passion (même si je ne l’ai pas encore trouvé) et cela plusieurs fois par jours!

Grâce à la communauté française, nous avons pu rencontrer de nombreux instituteurs détachés français en raison des nombreuses écoles « Franco-Américaine » de Salt Lake City.

J’ai alors commencé lundi dernier à faire du bénévolat dans la classe de CP de cette école Franco-Americaine – appelée Dual Immersion – offrant la chance aux petits américains d’avoir un cursus franco-américain.  Victime de son succès, chaque année plusieurs familles se voient refuser l’inscription par manque de places et de moyens.

Je vous laisse imaginer 35 petits americains répondant aux doux noms de Ashley, Geanie, Barbara, John, Ethan baragouinant 3 mots de français se retrouvant à faire des mathématiques, de la grammaire et autre lecture tout en français. Le professeur usent alors de leurs astuces et autres mémotechniques pour ne pas les perdre en chemin. Je vous passe les détails mais les annecdotes sont nombreuses! Ashley et Daisy se faisant punir parce qu’elles préféraient se coiffer plutôt que d’écouter la lecture, Jessica se faisant déplacer pour la ènième fois parce qu’elle aurait insulté son voisin ou Alex renversant le bocal à poisson… et j’en passe !

Autres petits privilèges de femme d’expat’ :

– s’accorder une journée de ski de temps à autre et cela en pleine semaine,

– pouvoir aller courir à des horaires « normales » et sans que cela ne devienne une corvée,

– découvrir des nouveaux cafés et y passer une fin d’après-midi

– et profiter de la vie.

IMG_5842 Ski du lundi avec Marie et Raph’

IMG_5917Ski avec Scruff pendant que David est en France

 

Voilà, être femme d’expatriés ne se résumait donc pas à attendre son mari toute la journée, et faire des cupcakes 🙂