Illustration par Guillaume Martin – Giom Illustrations.

@giom_illustrations

Douce France

Alors que nous n’étions pas rentrés en France depuis l’hiver 2016, nous avons passé les dernières fêtes de fin d’année entre famille, copains et bonne bouffe !

Pour ma part, je me suis lancé dans un marathon de 2 semaines bien preparé : Toulouse, Paris, Vienne, Lyon, Praz sur Arly, Chamonix, Lyon, Annecy, Genève, Megève, Paris !

img_4892– Décollage au dessus des Wasatch (Utah) –

img_4900– Diner 100% vin fromage à Toulouse –

img_5079– Nouvel an chez Guigui & Lara (Lyon) –

img_5099– Diner entre potos (Annecy) –

img_5129– Bleuséphine reunie (Genève) –

img_4959– Diner entre potos (Lyon)

img_4953– Mère et fils –

img_4931– 24 décembre (Paris) – 

img_4942– 25 décembre (Vienne) –

img_5073– Lyon –

fullsizerender– Mère et fils 2 –

img_5207– La bande à Chably –

Puis au lieu de repartir le 9 janvier 2017 à la fois comblé, triste et heureux de regagner les U.S., voilà que je me suis retrouvé coincé à Paris ayant oublié mon visa à Salt Lake ! Je vous avoue que je me serai bien passé de cet épisode. Mais au final, cela s’est transformé en 3 jours à profiter de Paris, de ma tante, de mes potes et à me déplacer avec mon vélo. J’ai aussi pu travailler à distance depuis 2 endroits très sympas que sont Hubsy et NUMA.

img_4906– Objet non identifié aux USA –

–  Doud’ co-confondateur de Pandacraft (Paris) –– Charlie Hebdo –

Nous sommes le 12 janvier, je reçois alors mon visa envoyé en DHL Express par Sarah, rentrée quelques jours plus tôt. Paris – Amsterdam – Salt Lake City, finally back home!– Groenland vu du ciel –

Home Sweet Home

Alors que la France connaît un nouveau début de saison catastrophique en termes d’enneigement, je suis rentré en Utah où la poudreuse était tombée en abondance depuis ce début d’année.

C’est décidé, vendredi 13 janvier c’est sortie-ski avec les potes du boulot ! Ayant la chance de travailler pour un équipementier de sports d’hiver, notre emploi du temps s’adapte en fonction des chutes de neige. Et puis il arrive même que les directeurs officialisent des « Powder Days » pour encourager les gens à aller pratiquer… No comment !

Je vous passerai les détails de cette belle journée avec seulement quelques photos :

img_5272– Chris et Dave  –

img_5270Ogden depuis le sommet de Snowbasin

Badaboum !

Samedi 15 janvier 2016. Une date dont je rappellerai. Encore pas au top physiquement après mon long marathon français, le décalage horaire et les quelques kilos en trop des fêtes de fin d’années, l’envie démesurée de dévaler les pentes avec nos potes bretons et Sarah est bien là. Cette journée qui s’annonçait comme l’une des plus belles a rapidement tournée au cauchemar.

J’avais alors décidé de faire du snowboard ce jour-là. Pratiqué durant 2-3 saisons vers l’âge de 14 ans puis de temps en temps ces dernières années, j’ai vite récemment repris goût en investissant dans du matériel top de chez Salomon Snowboard. Mais avec moins d’expérience, moins de maîtrise et autant d’envie qu’à ski j’ai commis une erreur évitable mais impardonnable.

Il aura fallu attendre la première descente (sur piste) pour que Sarah, Anaëlle et Romain me voit violemment retomber sur la neige compacte du petit matin après une faute de carre, le tout a pleine vitesse.…

Ma respiration est alors coupée. Je gémis comme une truie qu’on égorge tentant de retrouver mon souffle coupé par l’impact qu’a subit mon corps sur la neige. 1 minute. 2 minutes puis je reprends doucement mes esprits, toujours allongé sur le côté de la piste.

Sarah tente de me soulager et me pose des questions. Je suis lucide. Pas de sang ni de marques visibles mais je me plains du côté gauche de mon corps. A cet instant, je pense plus à un coup ou à une côte abimée. Une charmant skieur d’une soixantaine d’année s’arrête alors et propose son aide ayant été pisteur-secouriste dans sa jeunesse. Alors que j’arrive à me lever, il m’examine et m’interroge afin d’établir un premier diagnostic. Mais il me prévient que si ce n’est pas une « déchirure intercostale » il faudrait faire attention à ce qu’une hémorragie interne ne ce soit pas déclenchée.

Je décide alors de faire l’impasse sur les secouristes officiels et la barquette qui pourrait coutés chère aux Etats-Unis et d’atteindre à pieds le télésiège situé 400m plus bas. J’irai rejoindre la cahute « ski patrol » située en haut de ce même télésiège pour un control. Je laisse les copains repartir skier pensant qu’une pause me soulagerait mais n’étant tout de même pas sur de pouvoir reprendre.

La douleur est désormais retombée dans le bas ventre et je reste finalement allongé plusieurs heures entre de bonnes mains. Malheureusement les secouristes ne sont pas en mesure de diagnostiquer quoi que ce soit ni de me donner des médicaments. Ils me recommandent de faire un tour chez le médecin ou à l’hôpital à notre retour sur Salt Lake afin de s’assurer d’aucune hémorragie interne.

img_5291– Ski Patrol de Powder Mountain –

Il est 14 heures – Sarah revient me chercher pour essayer d’aller avaler un morceau au restaurant d’altitude situé à côté de l’infirmerie.  Je tente de me lever du lit mais suis instantanément pris de vertiges et d’une envie de vomir. Je retourne m’assoir, me force à avaler une barre de céréales et une gorgée de Coca avant que Sarah revienne se garer au plus proche avec la voiture. Plus de doute, direction les urgences de SLC.

La descente en voiture de la station de « Powder Mountain » est supportable mais dans ma tête qu’une chose ne tourne en boucle : j’espère ne rien avoir de grave qui pourrait mettre un terme à ma saison ski? De bike polo?

Hospital Sweet Hospital

Me voilà aux urgences. Comme souvent aux États Unis, le service est au top. Je suis immédiatement pris en charge. Visite médicale classique, discussion avec le médecin puis direction le scanner afin de s’assurer que tout va bien là-dedans.
img_5295– Branché –

L’attente sera longue. Enfin, c’est ainsi que je l’ai perçu. Le médecin est revenu me voir et je me rappellerai toujours de son visage : dur de lire quelque chose. Mais le premier diagnostic tombe rapidement, le rein et la rate sont endommagés… Cependant, n’ayant pas de service « trauma » dans cet hôpital, je vais être transféré dans un autre établissement et aurai plus d’information à mon arrivée. Mais en tout cas, un acte chirurgical n’est pas à exclure. Il faudra être de nouveau patient.

La bonne nouvelle c’est qu’avant de prendre l’ambulance, les infirmières peuvent désormais m’injecter des produits qui soulagent et me « shoote ».

Le transfert en ambulance s’avérera du coup sympathique. Je discute avec mon ambulancier et aperçois Sarah qui nous suit en voiture. Pas de sirène.

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Il est aux alentours de 19 heures, nous voici au gigantesque Intermountain Healthcare Hospital situé au sud de Salt Lake City. Sarah m’a alors retrouvée. 5 docteurs débarquent dans la salle où j’ai été admis. Je me rappelle si bien de cette première phrase du chirurgien: « David? Quelle dommage j’adore opérer le rein mais cette fois-ci, ce n’est malheureusement pas nécessaire ». Soulagement.

Il m’explique alors le degré de gravité ainsi que l’échelle de lacération de mon rein et de ma rate avec images 3D à l’appui. On aperçoit anormalement du sang entourant ces 2 organes. 3/5. A 4/5 on aurait opéré. Il m’explique la suite. Je vais devoir rester une nuit en observation intensive afin de vérifier que l’hémorragie ne s’aggrave pas. Puis ça sera quelques jours de plus dans un service plus général.

A l’annonce je me suis effondré car le chirurgien parlait de 6 mois sans sport ce qui signifiait saison de ski ainsi que saison de bike polo et de VTT terminées ! Heureusement par la suite, 6 mois sont devenus 3 mois.

La première nuit en observation intensive a effectivement été intense avec prises de sang toutes les 4 heures (nuits incluses), tuyaux un peu partout et bip-bip incessant entre ma chambre et celles des voisins. En effet, les prises de sang sont les indicateurs témoignant de l’état de l’hémorragie.

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Le premier matin Sarah m’a retrouvé avec le petit déjeuner ce qui a eu le pouvoir de me donner la pêche ! Quelques coups de fil pour avertir la famille et les copains en France puis repos, sieste et soins ont rythmés mon dimanche avant d’être transféré dans une chambre « standard ».

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img_5339S’en sont suivit 2 jours où mon état s’est vu globalement s’améliorer, les prises de sang confirmant les progrès. Au final, mon séjour à l’hôpital c’est très bien passé. Sarah a été au top. Des amis sont venus me rendre visite. Le personnel hospitalier adorable. J’ai aussi bien aimé la morphine et l’Oxycodone !

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Mardi 17 janvier j’ai eu l’autorisation de sortir. Sarah étant au travail, j’ai commandé un Uber. L’infirmière m’a alors mis sur une chaise roulante et descendu devant l’hôpital pour retrouver mon taxi. Grande bouffée d’air. Direction la maison. Terminé ? Non, pas tout à fait.

– Moche mais content –

Sarah me retrouve en fin de journée somnolant dans le canapé. Je lui raconte que je suis allé marcher sur le trottoir devant la maison ! Youhou ! Mais vers 18h30 la douleur s’est réveillée. Puis elle est devenue insupportable. Malgré les médicaments, ça ne passe pas et c’est par sécurité que nous sommes retournés aux urgences… Rien de grave. Les médicaments font finalement effets à mon arrivée à l’hôpital avant de faire une prise de sang qui confirmera les bons résultats du matin. Pas de souci à se faire. Il faut juste ne pas hésiter avec les médocs !

Retour de nouveau à la maison ou s’en suivra une seconde crise de douleur pendant la nuit. Puis mon état s’est considérablement amélioré de jours en jours. Je retournerai au travail le lundi d’après.
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Money Money Money

L’étape suivante a été (et est toujours à ce jour) le traitement des factures. N’ayant pas d’assurance locale car étant toujours sous le régime français, il m’a fallut dans un premier temps récolter les  différentes factures. 22 000 dollars ! Scanner, ambulance et 3 jours à l’hôpital avec traitements.

La CFE (Caisse des Français à l’Etranger) qui est plus ou moins l’équivalent d’une Secu pour les expatriés, veut que les patients payent en amont, puis envoient les factures acquités (par courrier) avant d’être remboursé. Une procédure qui peut durer plusieurs mois… J’avais déjà pu gouter aux joies de cette procédure après quelques passages chez le dentiste ou à la suite d’une visite aux urgences après un accident de vélo… Mais la, 22 000 dollars, ce n’est plus possible. C’est pour cela que je suis toujours en discussions avec mon entreprise que devrait me faire une avance. Mais quel bordel !

Je souhaiterais mentionner le fait que tous les expatriés ne sont pas sous le même régime. Je vous déconseille donc le régime CFE, à moins que les payements puissent être directement pris en charge par votre entreprise.

Egalement, attention à l’idée que l’on se fait du système américain. Ne pensez pas que nos chers Suzie, Brenda, Donald et Connor ne sont pas couverts. Il existe dorénavant une multitude d’options aux USA. Avoir une assurance est devenue obligatoire depuis « Obamacare », cette fameuse reforme instaurée pas Obama et fortement critiquée par Trump et les Républicains. Forcément, elle coute beaucoup d’agent à l’Etat mais a permis de donner accès aux soins à des millions d’américains sans assurance. Elle n’est pas gratuite bien évidemment mais propose des tarifs abordables selon la couverture choisie. Auparavant, le secteur privé détenait 100% du marché des assurances de santé qui s’accordaient sur des prix et rendait alors leur accès difficile.

Bref – j’espère en finir avec ce dossier dans les semaines à venir. En tout cas, tout va bien, j’ai repris le vélo en salle et le Yoga. Ce n’est plus question de patience.