Alors que nous regardions un reportage sur les français à l’étranger, nous avons eu l’idée de vous offrir  à notre tour, un debrief de ce qu’être français à l’étranger.

Qu’est ce qui t’a donné envie de partir vivre aux Etats-Unis ?

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 Sarah : L’opportunité de partir vivre aux USA avec David s’est présentée comme une évidence. Il a fallu en quelques mois prendre de grandes décisions et quitter pas mal de choses en même temps. Mais l’idée de partir vivre cette aventure – sans trop savoir ce qui m’attendait – me plaisait bien. Je me disais surtout qu’une expérience à l’autre bout du monde ne pouvait être que bénéfique.

 David : J’ai décidé de partir vivre aux Etats-Unis suite à une proposition de travail qui m’a été offerte par le groupe Amer Sports, société pour laquelle j’étais déjà rattaché. Il a fallu prendre une décision assez rapidement. Mais au delà de l’offre de travail intéressante et des conditions plutôt rassurantes, c’est la découverte d’une nouvelle culture et d’un nouveau pays qui m’a poussé à partir. Egalement, le contexte actuel français et les prédictions sur les prochaines années n’avaient rien de réjouissant. Le moment était venu !

Comment t’es-tu préparé(e) à ce départ ?

 S : Je ne sais pas si on est vraiment prêt un jour car cela demande à chacun du courage et de ne pas trop se poser de questions. J’avais confiance – nous voulions vivre cette expérience à deux. Alors les derniers mois ont été intenses en terme d’organisation – mais c’était du bon stress !

 D : Je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir et de me poser beaucoup de questions. Mais je partais serein avec un travail qui m’attendait dans de bonnes conditions. Ce qui me stressait le plus étant peut être l’intégration de Sarah : est-ce que la ville allait lui plaire ? Est ce qu’elle allait trouver facilement un travail ? J’ai eu la chance de partir visiter Salt Lake City avant de faire mon choix, pas elle !

Comment s’est passée ton arrivée dans ce nouveau pays ?

 S : L’arrivée dans un nouveau pays c’est vraiment apprendre tous ses nouveaux codes. J’ai été vraiment impressionnée par la gentillesse et la spontanéité des gens – dans les magasins, dans la rue ou bien au restaurant. Mais j’ai été aussi surprise par autant de différences culturelles !

 D : Je ne m’attendais pas à autant de différences culturelles entre les USA et la France. Que cela soit au sein des relations amicales ou au sein de mon entreprise, il a fallu comprendre et dépister certains codes.

Peux-tu nous parler des différences culturelles qui t’ont le plus marquées ?

 S : La différence culturelle qui me marque le plus est vraiment le coté positif des américains. Tu te rends compte en les écoutant que tout paraît possible ici – vivre de sa passion ou ne pas suivre les rails du système. Ils consomment la vie sans peur du lendemain. Alors que les lendemains peuvent parfois être douloureux – mais ils savent vraiment rebondir et croient beaucoup plus en eux.

 Enfin leur coté « casual » m’a vraiment troublé au début. Je me suis sentie parfois vraiment coincée avec mes bonnes manières de française. Les américains sont beaucoup plus spontanés et avenants que nous – et ne jugent rarement l’autre.

 D : Si je commence par les relations amicales, les premiers diners avec les américains nous ont valu quelques surprises.

Il se peut en effet que 10 minutes avant de recevoir de gens pour diner, un de vos convives vous signale que son frère ou son pote se joindra à vous ! Mais lorsque que vous avez prévu d’être 4 et que 4 pièces de viandes sont entrain de cuire, il faut alors improviser…

Des habitudes qui pourraient passer comme surprenantes en France mais ici c’est « casual ». Alors maintenant nous avons compris – c’est BBQ avec qui veut ; fini les diners assis à table et couverts soigneusement installés. Enfin, sauf entre français !

 Au sein de l’entreprise, j’ai vraiment appris à arrondir les angles – à dire le positif et féliciter les gens avant d’apporter la moindre critique. « This is AWESOME, but what do you think if… ».

Comment s’est fait ton intégration – a-t-il été facile de te faire des amis?

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S : Les américains sont supers sympas dans les premiers contacts mais c’est vraiment pas facile de créer des vrais liens d’amitié avec eux. Mais nous avons plein de « potes »  super sympas mais moins d’amis au sens propre du terme Français.

C’est entre français qu’on peut se faire un bon diner ou boire un coup et bien sûr avec Pat’ qui est presque plus européen que nous maintenant.

 Et puis, il y a aussi les rencontres fortuites qui peuvent arriver qu’ici. Alors qu’on profitait de la terrasse il y a quelque temps, un américain – embauché par la voisine pour mettre un coup de fraîcheur à son jardin – nous interpelle et nous demande si nous sommes français. Nous lui répondons alors que oui avant qu’il nous annonce que se femme (depuis 3 mois) est française et vient d’arriver à SLC pour s’installer. 3 jours plus tard nous dinions tous à la maison et voilà que nous avons désormais un couple de potes franco-américain!

 Mais bon – étant un peu loin de tout, David doit de temps en temps jouer le rôle de meilleure copine, de sœur, de parents…

D : Et oui, il n’y a plus l’école pour se faire des copains ! Le premier lieu pour rencontrer des gens a donc été le travail. Mais je me suis vite aperçu qu’ici les pauses café et déjeuner se font rares… Ici, on fait ce que l’on a faire afin de finir tôt et rentrer chez soi profiter de la famille ! Aussi, habitant dans une ville (Salt Lake City) différente de mon lieu de travail (Ogden) je mène une vie à 50 kilomètres de la plupart de mes collègues.

Alors le sport – et notamment le bike polo – a été vraiment un moyen pour me faire des copains de tout âge et tout horizon.

 Enfin, demeurent les associations de français et bien sur notre copain américain rencontré en France – Pat’ – qui nous a fait rencontrer ses amis de toujours les ‘Homies’.

As-tu rencontré des échecs ou des difficultés ?

 S : Je ne parlerai pas d’échec mais de changements de visions. Tu apprends surtout à regarder les choses avec des yeux différents. Je pourrais dire que mon licenciement chez eBay a été un « échec » mais ici ce n’est pas le cas – ça fait partie de leur quotidien. Le système fait qu’ils rebondissent aussi vite.

 D : Je ne vais pas parler d’échec à l’heure d’aujourd’hui mais plutôt de quelques déceptions. Les relations amicales – il n’est pas facile de retrouver les relations qu’on avait avec nos amis de France. De par la culture mais aussi du fait de la langue.

 Par exemple, ils ne se retrouvent pas aussi souvent que nous autour d’un diner ou d’une bière afin échanger ou de rentrer dans de discuter de plusieurs heures. Ici ils se voient plus pour faire du sport ou partager une activité. Parfois, je ressens vraiment le fait d’être expat’ et pas américain !

Qu’est ce qui te manque le plus étant loin de la France ?

S : La beauté et le charme des villes françaises me manquent. Pouvoir me balader à pieds pour aller prendre un café sur une jolie place.

Etre loin de ma famille n’est pas toujours facile. Je ne peux malheureusement pas sauter dans un train pour passer un week-end avec mes parents et mes sœurs ou bien même débarquer en cas de pépin.

D : Il ne me manque pas grand chose puisqu’on peut quasiment tout trouver ici. C’est d’avantage quand je rentre en France en voyant tous nos bons produits alimentaires que je me rends compte que certaines choses peuvent manquer. Sur place on oublie vite.

Et pour ce qu’il y est de la famille et des copains avec les moyens de communication et les réseaux sociaux c’est vraiment impressionnant à quel point il est facile de garder contact et de se sentir proche.

Qu’est-ce que tu as fait aux Etats-Unis que tu n’aurais jamais pu faire en France ?

 S : Ce que j’aurais jamais pu faire en France et que j’ai eu la chance de faire ici ….Òuhlala beaucoup de choses.

Je suis arrivée sans travail et avec l’envie de découvrir de nouveaux horizons alors je me suis d’abord retrouvée à faire du volontariat dans une école franco-américaine pour aider les enseignements. Puis de là, est parti l’idée de créer une entreprise de cours de français pour les enfants. Ensuite j’ai découvert le monde de la restauration en travaillant dans la pâtisserie française de SLC.  Et puis j’ai profité du travail à distance en travaillant depuis la maison pour eBay. Une flexibilité assez impressionnante.

Le pays des opportunités ou plutôt le pays où on fait confiance aux gens.

Il paraît que j’ai eu 6 différents travails en un an et demi ! Et ce n’est pas fini !

 D : Je parlerai plutôt du confort de vie que nous avons ici que certainement nous ne pourrions pas avoir en France. Je ne pense pas que ca soit forcement du à notre situation mais plutôt aux habitudes de vie dans la ‘province’ américaine. Tout est plus grand, plus agréable, plus « peace ». Avoir la chance de vivre dans maison, d’avoir son jardin ou encore de ne jamais faire la queue pour quoi que ce soit rend la vie plus facile pour tout le monde. Cela se ressent définitivement dans les relations et la gentillesse des gens. Ajoutez à cela du soleil 250 jours par an et une nature magnifique à notre porte et voilà que vous vous rendez compte du bon choix que nous avons fait !

 Quant au côté professionnel, j’ai pu découvrir les joies du télé-travail – une pratique encore très peu développée en France – qui est assez courante ici. Elle m’apporte beaucoup de flexibilité et d’autonomie dans mon quotidien. J’adore aller au café du coin et me retrouver avec tous ces gens travaillant avec leur ordinateur et buvant leur américano !

Penses-tu que tu as changé ?

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 S : Arrivée dans un nouveau pays où tout est nouveau demande une forte adaptation, c’est comme réapprendre certaines bases. C’est sortir de sa zone de confort chaque jour. Alors je ne sais pas si ça te change mais cela te forge forcément un peu.

Je pense que je suis devenue aussi un peu plus ‘flex’ – j’ai pas mal appris à vivre au jour le jour sans savoir ce qui allait m’arriver le lendemain ou la semaine d’après. Alors même si les périodes de recherche de travail auront été des moments intenses cela m’a appris à être plus casual. Par exemple se vendre en prétendant être fan de pâtisserie ou professeur de français ! Tout cela, je ne l’aurais jamais fait en France.

 D : Je suis toujours le même mais je pense avoir beaucoup évolué en découvrant des nouvelles manières de pensée, une nouvelle culture, un mode de vie différent. J’ai appris beaucoup de choses et du coup, j’ai acquis une ouverture d’esprit plus importante.

Songes-tu à rentrer en France un jour ?

 S : Un jour bien sur. Mais je me dis que la qualité de vie que nous avons aux USA sera difficile à retrouver en France.

 D : Rentrer en France pour l’instant n’est pas au programme au vu de mon contrat qui nous relit en France jusqu’en octobre 2017. Sur ce qui est du long terme, je me vois bien rester au moins un an ou deux ici et pourquoi ne pas partir découvrir de nouveaux horizons par la suite. Cette expérience me laisse présager qu’on a des millions de choses à découvrir dans le monde et qu‘on a qu’une vie !

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui veulent se lancer dans ce genre d’aventure ?

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 S : Les conseils que je pourrais donner c’est qu’on a tous des peurs et des barrières mais qui sont toutes surmontables. Il faut juste y croire et foncer. Il ne faut pas trop réfléchir et parfois ne pas trop écouter les autres sinon tu ne pars jamais.

 D : Le premier conseil que je pourrais donner est celui d’OSER. Oser est la première barrière à passer avant beaucoup de bonheur. C’est essayer de sortir de son confort et prendre le risque pour derrière trouver le positif – qui ne l’est pas forcement à chaque fois mais essayez, il y a toujours des solutions si cela ne marche pas.

Eux aussi ils ont tenté l’aventure !

Voici un reportage de français partis vivre une experience à l’étranger – différente pour chacun mais aussi riche pour tous.