Et voilà que fin novembre, je fêtais – déjà – mon 4ème Thanksgiving ! Et comme à chaque Thanksgiving, c’est aussi mon anniversaire ; ce 27 novembre 2017 marquait le 30ème. Bien que « Black Friday » et « Cyber Monday » s’apprêtaient à être des journées folles pour nos sites e-commerce respectifs, Sarah et moi avions décidé de s’envoler pour la Louisiane en profitant de quelques jours fériés. Au programme : 3 jours à la Nouvelle-Orléans puis 3 jours en mode surprise que Sarah m’avait concoctés spécialement pour mon anniversaire. Ce voyage fut réellement notre coup de cœur de l’année 2017. Retour sur cette semaine et cette première visite dans le « South ».

« NOLA »

La Nouvelle-Orléans n’est pas la capitale de la Louisiane bien qu’elle le fût été. Cette ville d’un peu plus d’1 million d’habitants se situe non loin du delta du fleuve Mississippi et s’ouvre sur le golf du Mexique. De par cette situation – NOLA fut un carrefour majeur pour le commerce nord-américain dès les année 1700. Elle est le berceau du Jazz et plus tristement, joua un rôle très important dans la traite des esclaves…

Nous avions loué un Airbnb dans le charmant Marigny. Très bien situé, nous nous sommes majoritairement déplacés à pieds dans cette ville fondée par des français en 1718 puis cédée aux  espagnols avant d’être récupérée et enfin revendue aux Etats-Unis par Napoleon en 1803. Nous y avons apprécié toute son histoire, sa diversité et sa culture. La Nouvelle-Orléans ne peut en aucun cas se comparer à New York, Los Angles ou encore moins Salt Lake City. Ravagée en 2005 par l’ouragan Katrina qui vu évacuer plus de 80% de la population les jours précédents la tempête (30% ne sont jamais revenus), NOLA est une ville fragile et qui, avec l’accélération du réchauffement climatique est menacée par la montée des eaux.

La ville a mis des années à se remettre de cette catastrophe qui a fait plus de 1800 morts. Nous n’avons pas remarqué de traces apparemment encore visible dans certains quartiers qui seraient toujours en reconstruction, 12 ans après… Je ne m’attarderai pas sur Katrina mais il est important de savoir que les populations noires ont été les plus touchées car majoritairement vivant dans des quartiers populaires moins protégés voir même dans des zones à risques… Les fortes critiques de l’époque ont alors rappelé les inégalités entre les populations. Bref, NOLA vit au jour le jour, tente de profiter de chaque instant et prie pour ne pas voir un énième ouragan venir balayer la ville ; une ville parmi les plus pauvres du pays.

Nous avons commencé par visiter le French Quarter, quartier le plus touristique de la ville et qui se doit donc d’être considéré. Tout d’abord pour son histoire mais aussi pour ses magnifiques balcons en fer forgé et sa mythique Bourbon Street où les bars à Jazz prédominent. Ici et à la différence de nombreuses villes américaines, les gens marchent, passent de bars en bars et consomment de l’alcool même dans la rue. Rien de choquant pour nous français mais cela est presque unique aux U.S. !

Il y a aussi la cathédrale Saint-Louis de La Nouvelle-Orleans et son parvis où liseuses de Bonaventure alpaguent touristes et locaux. Le vaudouisme occupe une place toute particulière ici ; c’est pour cela que nous sommes allés visiter le musée qui lui est dédié afin d’en comprendre davantage. Pour faire court, le vaudouisme s’est rependu à la Nouvelle-Orléans en provenance d’Afrique et des caraïbes -notamment au temps de l’esclavage.

Les quartiers de Marigny et ByWater ont été des plus sympas pour s’y balader, apprécier l’architecture de ses maisons colorées, découvrir un aspect « arty » et engagé ; et enfin y apprécier un très bon brunch à Elizabeth’s.

Nous avons également visité le quartier de Tremé et sa population majoritairement afro-américaine. Nous avons visité son très local Backstreet Cultural Museum qui a pour mission de préserver et perpétuer la culture afro-américaine de la Nouvelle-Orléans.

Downtown est sympa pour ses cafés, hôtels et restaurants branchés ainsi que pour ces galeries d’art sur Julia Street. Puis nous avons rejoint Garden District. Il est sympa d’emprunter le tramway pour s’y rendre. Nous nous sommes lancés dans une balade au milieu de ces gigantesques maisons coloniales. Ici, la population est plutôt blanche et… riche. Les magnifiques cèdres n’en finissent plus de pousser jusqu’à soulever le bitume, comme si la nature tentait de reprendre ses droits.

Et puis chaque soir, c’est la musique. Ici on écoute du Jazz mais pas que ! Blues, rock, reggae… La musique est une religion. Enormément de musiciens viennent s’installer NOLA pour chercher l’inspiration mais surtout pour y travailler ! Les groupes jouent dans (tous) les bars de la ville ainsi que dans la rue et notamment sur Frenchmen Street que nous avons particulièrement apprécié. Une atmosphère incroyable où les générations se mélangent, s’enivrent et dansent jusqu’au bout de la nuit.

Nous nous sommes également arrêtés au musée de la Seconde Guerre mondiale, le deuxième plus important des Etats-Unis relatant cette guerre. Nous avons été bluffé ! Nous n’avons pas eu assez de temps pour une visite intégrale mais les sections parcourues ont été un cours de rattrapage plus que complet sur ce conflit mondial. Et puis, le fait d’être dans un musée américain vous donne une autre vision du conflit ainsi que plus de détails sur où l’armée américaine était présente.

Côté gastronomie, on nous avait prévenu ! La « soul food » – cette nourriture qui vient du cœur… Des fruits de mer mélangés avec du riz et des épices, beaucoup de plats fris, des « Po-Boys », ces sandwichs avec de la… baguette ! On a aimé mais peut-être pas tous les jours…

Ces 3 jours à la Nouvelle-Orléans se sont révélés être une superbe découverte, un dépaysement total de par sa population diverse et chaleureuse, son architecture unique, sa nourriture typique mais aussi par son rythme de vie très diffèrent de ce que l’on a rencontré ailleurs aux Etats-Unis. On prend le temps, on profite ; et cela que vous soyez clients ou au travail.

LES PLANTATIONS RAPPELLENT UN PASSÉ DOULOUREUX

Après la visite de NOLA, la suite du programme s’est avérée être une surprise, avec à la baguette Sarah. Aucune idée de où nous allions aller et de ce que nous allions faire. Nous avons commencé par louer une voiture et après quelques mésaventures avec le loueur – ayant oublié mon permis à la maison – Sarah a conduit la totalité du périple.

Et voilà que je découvre la première partie du périple. Après 1h30 de route en bordure de Mississippi, nous nous arrêtons à la Whitney Plantation pour une visite guidée historique et poignante relatant la traite des esclaves et leur vie dans cette plantation. C’est avec beaucoup d’émotion que nous quitterons cet endroit dédié à l’histoire de l’esclavage pour se diriger vers une seconde plantation quelques kilomètres plus loin. La visite de Laura Plantation sera plus axée sur l’histoire de ses différents propriétaires et moins sur l’esclavage bien que tout aussi présent à la même époque.

Nous avons beaucoup appris sur cette sombre période de notre histoire et nos guides nous ont également permis de nous rafraichir la mémoire ! Nous avons même re-visionné « Django Unchained » de Tarantino le soir même pour mieux comprendre ses subtilités et le fond du sujet traité. C’est un passé lourd qui pèse encore dans la région ainsi que dans le pays où l’émancipation de 1863 ainsi que le « Civil Rigth Act » qui interdit toute forme de discrimination dans les lieux publics – de 1964 vous rappellent que ce passé n’est pas si lointain. Les évènements de ces dernières années tels que les affrontements entre police et noir américains ou encore les récentes émeutes de Charlottes Ville (Caroline du Nord) témoignent de cette plaie toujours ouverte.

C’est dans une 3eme plantation –  réhabilitée en hôtel que Sarah m’a invité à passer la nuit. The Nottoway messieurs dames !

SWAMP, BAYOU ET CAJUN

Les surprises se sont enchaînées ! En ce 27 novembre, nous avons continué de rouler, cette fois-ci plus à l’ouest où nous avons fait halte à Champagne’s Swamp Tour. Un bateau à moteur et un guide plus que sympathique nous attendaient sur les bords du « Swamp »  afin d’aller dire bonjours aux alligators, oiseaux majestueux et végétation luxuriante. Grandiose !

Après s’être arrêté manger des écrevisses dans un bouiboui local en bord de route, nous avons filé pour la destination surprise finale.

Nous y sommes arrivés de nuit et il a été difficile pour moi de deviner où nous étions et où nous allions passer la nuit ! Bienvenue à Wildlife Gardens. Une propriété privée où sa gérante Betty a fait construire des cabines rustiques dans le Bayou  ! Elle loue ces dernières à des gens du monde entier venus expérimenter la vie dans le Bayou ! Bon, pour info : si le « swamp » est un marais, le « Bayou » est un terme propre à cette région et qui signifie une étendue d’eau formée par les anciens bras et méandres du Mississippi.

On a découvert alors notre cabine de trappeur, prié pour ne pas croiser d’alligators puis fêté mon anniversaire. Une première fois autour d’un diner hilarant dans le restaurant du coin où nous étions les seuls clients (le plateau de fruits de mer fris restera inoubliable) puis une deuxième fois de retour dans la cabine avec champagne et des Ferrero Rocher en guise de gâteau !

Le lendemain marqua le dernier jour du périple. Nous avons tout d’abord rencontré Betty (et son ami) qui nous avait préparé le petit déjeuner dans la salle commune avant de nous faire visiter sa propriété. Très beau moment de partage dont je me souviendrai longtemps.

Nous avons alors continué à explorer ce partie de la Louisiane où les Cajuns (groupe ethnique et descendants des Acadiens qui furent déportés durant la seconde moitié du 18eme siècle en provenance de l’Acadie) demeurent et parlent un français très marrant ! C’est à Cocodrie que nous avons pu découvrir des maisons sur pilotis qui se protègent de la montée des eaux ainsi que des ouragans. Ici l’eau salée de la mer du golfe du Mexique vient se mélanger avec le bayou. Une terre fragile de plus en plus menacée où la pêche demeure la principale activité de loisir et professionnelle ; et cela pour la survie de cette région du bout du monde qui tend à disparaitre sous les eaux d’ici 10 à 15 ans.

Bref, nous avons adoré la Louisiane!

 « Laissez les bons temps rouler »